A l’approche de la Saint Valentin où les amoureux sont à l’honneur, je souhaite vous raconter une belle histoire d’amour marocaine…
La légende d’Isli et de Tislit : une histoire d’amour interdite
Il y a bien longtemps, vivaient dans les hauteurs de l’Atlas marocain, deux tribus berbères: les Ait Atta et les Ait Haddidou. Tous deux se livraient une guerre continue depuis la nuit des temps.
Un beau jour, Isli, charmant jeune homme, grand et valeureux de la tribu des Ait Atta, et Tislit, jeune femme douce à la beauté ensorcelante, appartenant à la tribu des Ait Haddidou, se rencontrèrent et tombèrent éperdument amoureux.
Dès lors, les deux amants se vouèrent un amour pur et profond.

Il va sans dire que les pères respectifs des deux jeunes amants, ne s’enflammèrent guère pour cette idylle, bien décidés à y mettre un terme.
Ainsi, Isli et Tislit ne pouvant se résoudre à accepter de vivre loin l’un de l’autre, s’enfuirent vers la montagne d’Isslan. Ils versèrent toutes les larmes de leurs corps, tant et si bien qu’ils s’y noyèrent.
Selon la légende, les larmes de leur chagrin donnèrent naissance aux deux lacs du Haut Atlas qui portent leurs noms.
De même, La légende veut qu’ Isli et Tislit, les Roméo et Juliette Amazigh, sortent chaque nuit de leurs lacs pour se retrouver.
Le moussem d’Imilchil: une histoire d’amour qui dure
Il aura fallu attendre la mort des deux amants pour que les tributs se réconcilient et créent le moussem des fiançailles, un événement incontournable de la région.
Ainsi, le festival des fiançailles d’Imilchil se tient chaque année, après les récoltes et la transhumance. Il a généralement lieu en Septembre.

Ainsi, chaque année, les jeunes en quête de l’âge soeur, se réunissent à proximité du mausolée de Sidi Ahmed Oulmghani. Il est dit que ce descendant des chorafas idrissides aurait fortement oeuvré en faveur de la réconciliation des deux tribus rivales, dont sont issus les deux infortunés amants.
A cette occasion, toute la région se drape de joie.
Le festival des fiançailles
Pour l’occasion, les femmes revêtent leurs plus beaux habits et leurs plus riches bijoux en argent. La fibule berbère, cette broche qui est devenue un symbole pour les berbères, est de toutes les tenues.
Quant aux garçons qui cherchent à se marier, ils se parent de leur plus beau costume. Sur la tête, un chèche jaune traditionnel des peuplades berbères de montagnes. Cette coiffe se distingue totalement, du chèche bleu porté par les nomades du désert).

Pendant le moussem, les jeunes gens s’observent, se séduisent et font connaissance, au son des chants et danses folkloriques.
Musiciens, conteurs et poètes chantent les femmes et l’amour. Les hommes invitent à danser la femme qui leur plaît. Si les sentiments sont réciproques, ils se donnent rendez-vous l’année suivante pour se marier. Ainsi, ils ont un an pour faire connaissance plus amplement, et laisser s’épanouir leur histoire d’amour !
La cérémonie du mariage
Lors du moussem, une cérémonie de mariage collectif est organisée. C’est le seul endroit au Maroc où cette coutume a lieu! Des notaires viennent exclusivement pour sceller ces unions, et cela évite aux nomades d’avoir à se déplacer au centre administratif le plus proche, qui se trouve à plusieurs centaines de kilomètres.
Chaque année, visiteurs et touristes se pressent en masse pour assister à ces célébrations exceptionnelles. Selon les récits historiques, elles remonteraient à plusieurs siècles.
Maintenant, si ce n’est pas déjà fait, il ne vous reste plus qu’à trouver votre âme sœur, celui ou celle qui sera à la fois votre cocon et votre plus grande aventure.